Pourquoi avons-nous toujours les mêmes disputes dans notre couple ?

Il suffit parfois de presque rien.
Une remarque sur le téléphone. Une tâche qui n’a pas été faite. Un retard. Une décision concernant les enfants.
Et quelques minutes plus tard, vous voilà repartis dans cette dispute que vous connaissez par cœur.
Les mots ne sont pas toujours exactement les mêmes. Le sujet peut changer. Pourtant, quelque chose semble se répéter : les mêmes reproches, les mêmes réactions, le même sentiment de ne pas être entendu… et souvent la même issue.
Alors une question finit par apparaître : pourquoi retombons-nous toujours dans les mêmes disputes ?

Le sujet de la dispute n’est pas toujours le véritable problème

Dans un couple, nous avons naturellement tendance à chercher la cause du conflit dans ce qui vient de se passer.

« Si tu m’avais prévenu… »
« Si tu m’écoutais davantage… »
« Si tu faisais un effort… »
« Si tu arrêtais de tout prendre comme une attaque… »

Chacun peut avoir de bonnes raisons de penser ce qu’il pense.

Mais lorsque les conflits se répètent, regarder uniquement ce pour quoi on se dispute ne suffit plus toujours. Il peut être plus intéressant d’observer comment nous nous disputons.

Car derrière des sujets très différents peut se rejouer une même dynamique relationnelle.

L’un insiste parce qu’il aimerait être entendu. L’autre se sent attaqué et se défend. Plus il se défend, plus le premier insiste. Plus le premier insiste, plus le second se ferme.

À la fin, chacun peut avoir la sensation que l’autre est précisément à l’origine du problème.

Pourtant, ce qui maintient la difficulté ne se trouve pas nécessairement chez l’un ou chez l’autre. Cela peut se trouver dans ce qui se passe entre les deux.

Quand chacun réagit à la réaction de l’autre

C’est l’un des changements de regard proposés par l’approche systémique : plutôt que de chercher uniquement pourquoi une personne agit ainsi, on observe aussi ce que sa réaction provoque chez l’autre… et ce que la réaction de l’autre provoque en retour.

Prenons un exemple.

Plus je crains que tu t’éloignes, plus je cherche à parler avec toi.

Plus je cherche à parler, plus tu te sens sollicité ou sous pression.

Plus tu te sens sous pression, plus tu prends de la distance.

Et plus tu prends de la distance… plus je crains que tu t’éloignes.

Qui a commencé ?

Au bout d’un certain temps, la question n’a peut-être même plus beaucoup d’importance.

Chacun réagit à l’autre et, sans le vouloir, participe à une boucle qui finit par fonctionner presque toute seule.

Quand nos solutions deviennent une partie du problème

Le plus déroutant est que nous ne restons généralement pas sans rien faire face à ces difficultés.

Nous essayons de les résoudre.

Nous expliquons davantage. Nous insistons. Nous nous justifions. Nous demandons à l’autre de changer. Nous évitons certains sujets. Nous faisons davantage d’efforts. Nous nous taisons pour ne pas provoquer une nouvelle dispute.

Et certaines de ces stratégies fonctionnent.

Parfois.

Mais lorsqu’une solution ne fonctionne plus et que nous continuons à l’utiliser davantage, elle peut finir par participer au maintien de ce que nous cherchons justement à éviter.

Celui qui ne se sent pas entendu explique encore plus.

Celui qui se sent critiqué se justifie encore davantage.

Celui qui redoute le conflit se tait encore plus.

Celui qui vit ce silence comme de l’indifférence sollicite encore davantage.

Nous faisons alors parfois “plus de la même chose”, en espérant obtenir un résultat différent.

Non parce que nous nous y prenons mal ou que nous manquons de volonté, mais parce que ce sont souvent les réponses qui nous paraissent les plus logiques sur le moment.

Sortir de la question « Qui a raison ? »

Lorsque la tension monte, déterminer qui a raison peut devenir essentiel.

Chacun rassemble les faits, rappelle ce qui s’est réellement passé, précise ce qu’il voulait dire, corrige l’interprétation de l’autre.

Et parfois, l’un des deux a objectivement raison sur le fait discuté.

Mais avoir raison ne résout pas nécessairement ce qui se passe dans la relation.

On peut gagner la discussion et perdre encore un peu de la possibilité de se comprendre.

Une autre question peut alors devenir plus utile :

Qu’est-ce que notre manière actuelle de gérer ce désaccord produit entre nous ?

Ce déplacement paraît minime. Il change pourtant profondément la manière de regarder le problème.

Il ne s’agit plus de désigner celui qui dysfonctionne, mais d’observer la danse relationnelle dans laquelle chacun a fini par prendre sa place.

Comment commencer à interrompre le cycle ?

Il n’existe pas une technique universelle qui permettrait de sortir de toutes les disputes de couple.

En revanche, on peut commencer par observer ce qui se répète.

Lorsque la prochaine dispute apparaît, quelques questions peuvent aider :

À quel moment reconnaissons-nous que “ça recommence” ?

Que fait chacun à ce moment-là ?

Qu’est-ce que je fais généralement pour tenter d’améliorer la situation ?

Comment l’autre réagit-il à ce que je fais ?

Et surtout : ce que nous faisons depuis des mois — parfois des années — nous rapproche-t-il du résultat que nous cherchons ?

Identifier le cycle constitue déjà un changement.

Parce qu’à partir du moment où le problème n’est plus seulement « mon conjoint fait toujours… », mais aussi « voilà ce qui se met en place entre nous », d’autres possibilités peuvent apparaître.

Et lorsque nous n’arrivons plus à en sortir seuls ?

Certains couples parviennent à modifier eux-mêmes ces fonctionnements lorsqu’ils commencent à les repérer.

Pour d’autres, le cycle est devenu tellement rapide et familier que chaque tentative pour en sortir semble ramener au même endroit.

Un accompagnement peut alors permettre de prendre de la distance sur ce qui se joue dans la relation, d’identifier les interactions qui entretiennent la difficulté et d’expérimenter d’autres façons d’y répondre.

L’objectif n’est pas de déterminer lequel des deux a raison, ni de distribuer les responsabilités.

Il est de comprendre comment le problème fonctionne aujourd’hui et ce qui pourrait permettre à la relation de fonctionner autrement.

Découvrir mon approche de la thérapie de couple

Retour en haut